« Des personnes sont mortes de faim » : le témoignage d’un Français sinistré lors des inondations dévastatrices en Indonésie

C’est un voyage avec la peur au ventre. Après une semaine de pluie diluvienne sur l’île de Sumatra en Indonésie, le village de Robin Comito est coupé du monde. Il n’a plus le choix. Les provisions vont manquer. Il décide de fuir. Ce Français, âgé de 20 ans et originaire du Vercors, est président de l’association Haran Di Gajah qui œuvre pour la protection des éléphants. Il a filmé son périple et le raconte deux jours plus tard dans la vidéo du 20 H de TF1 visible en tête de cet article. « On ne peut évacuer qu’à pied, donc tous les anciens du village, les enfants ne peuvent pas partir, déplore-t-il. C’est très difficile parce qu’on voit la peur dans les yeux des gens. Ils ont peur d’être abandonnés. »

Il doit marcher près de 80 km entre le village de Karang Ampar et Bireuen, commune en grande partie épargnée. « Aujourd’hui, on va essayer de rejoindre la ville à pied, rapporte-t-il en se filmant à l’aide de son téléphone portable. Ça va être long, ça va nous prendre au moins toute la journée. »

Ce pays qui l’aimait tant, il ne le reconnaît plus. « C’est très dur physiquement parce qu’effectivement, il y a des mètres de boue qui sont sur le chemin », confie-t-il au micro de TF1. « Des fois, il n’y a pas le choix. Il faut traverser au milieu, poursuit-il. C’est argileux, comme du sable mouvant donc, il y a un moment où je me suis retrouvé vraiment bloqué. Je n’arrivais pas à sortir. » 

Des ponts de fortune ont été érigés pour traverser la rivière. Le moindre faux mouvement peut leur coûter la vie. Sur sa route, il rencontre d’autres sinistrés. « Certains ont perdu leurs parents, leurs époux, leurs enfants. Plus de toit où se réfugier. On voit des parents, des jeunes parents avec leur nourrisson sur le bras qui traversent les câbles, décrit Robin Comito. On voit des femmes en pleurs, qui enlacent leur mari ou leur fils parce qu’elles ne les ont pas vus depuis des jours. » 

Après deux jours de marche, Robin est aujourd’hui en sécurité. Ceux qui n’ont pas pu s’enfuir manquent de tout. « J’ai appris il y a quelques heures qu’il y a plusieurs personnes, notamment des personnes âgées qui sont mortes de faim », dit-il catastrophé. 

De premières aides ont été déployées par l’armée, néanmoins dérisoires face aux millions d’Indonésiens sinistrés. « C’est triste qu’à cause d’une telle catastrophe tout soit devenu rare: le carburant, le riz, l’huile de cuisson », a déploré ce mercredi 3 décembre auprès de l’AFP une femme de 55 ans. À Sibolga, ville côtière de Sumatra, les habitants font la queue pendant six heures pour espérer avoir un peu de nourriture et d’eau. Du jamais-vu, selon une habitante qui se demande comment elle  va manger alors « qu’il n’y a plus de  travail, plus de carburant ». Et faute d’électricité, la plupart des magasins sont fermés. Le bilan provisoire est lourd : 804 personnes  ont perdu la vie et plus de 650 sont toujours portées disparues.

Regardez le reportage TF1 : https://www.tf1info.fr/international/videos/video-inondations-devastatrices-en-indonesie-le-temoignage-d-un-francais-survivant-48614-2410633.html

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