Qui sommes nous ?
Spécialisée dans la gestion des conflits et assistée des acteurs les plus efficaces du domaine, notre association mène un travail de terrain pour réduire efficacement les conflits éléphants/humains, assurant ainsi la protection des pachydermes et des communautés locales.
En 2020, Robin Comito, 18 ans et originaire du Vercors, découvre l’association Kalaweit et son fondateur Chanee, à travers un documentaire diffusé sur les chaînes de télévision. Pour la toute première fois, il comprend qu’il y a encore de l’espoir pour la sauvegarde de la nature, que des actions peuvent encore être menées et porter des résultats visibles et concrets.
Très vite, Robin s’engage en tant que bénévole dans l’association, organisant de nombreux événements de sensibilisation et de collectes de fonds. Sa passion pour le combat de Kalaweit l’amène à se renseigner et à se documenter sur l’Indonésie et la biodiversité exceptionnelle qui y vit. Robin découvre alors la situation catastrophique des éléphants de Sumatra, en train de disparaître dans la plus grande indifférence.
Cette situation lui apparaît comme absurde et révoltante, à l’heure où le combat pour la préservation de la biodiversité fait rage. Robin comprend alors qu’il faut agir de toute urgence.
Il fonde alors l’association Harapan di Gajah dans le but de venir en aide aux éléphants de Sumatra. Il construit et développe un projet solide et précis pour sauver les éléphants, sauvages et captifs, à travers l’île indonésienne, avec une philosophie simple : des actions de terrain, efficaces, et des résultats visibles sur le long terme.
En 2022, Robin rencontre Chanee, qui le soutient dans son projet et lui donne la chance de découvrir la réalité de terrain. Cette expérience exceptionnelle va dessiner pour Robin une ligne directrice qu’il ne quittera jamais : actions concrètes = résultats concrets.
Robin lance officiellement le projet Harapan di Gajah en 2023.
Harapan di Gajah est un projet à très long terme, à l’échelle d’une vie et même plus. C’est un projet d’espoir, pour les éléphants, pour la forêt et pour les populations. Harapan entend bien faire changer les choses et contredire toutes les prévisions qui condamnent l’éléphant de Sumatra à la disparition d’ici moins de 20 ans en agissant avec détermination et efficacité.
Située en Asie du Sud-Est, l’Indonésie possède sans aucun doute l’un des patrimoines naturels les plus riches et les plus diversifiés au monde. Considérée comme un « hot-spot » de biodiversité, c’est-à-dire une zone avec l’une des plus fortes concentrations de diversité biologique au monde, l’Indonésie abrite des millions d’espèces animales et végétales différentes, dont la plupart sont endémiques à l’archipel. Orang-outan, tigre, gibbon, ours, éléphant, rhinocéros, panthère, …, les forêts indonésiennes sont l’habitat de plus de 500 espèces de mammifères et plus de 150 espèces d’oiseaux.
L’archipel indonésien renferme un tiers des insectes et des reptiles, un quart des champignons et des amphibiens, plus de 15% des oiseaux et 12% des mammifères du monde entier. Au total, l’Indonésie abrite plus de 27% de la biodiversité mondiale.
Cette diversité biologique impressionnante s’explique notamment par la grande variété de climats, de sols et de reliefs qui composent le pays. À l’heure actuelle, seule 5% de la biodiversité mondiale a été découverte ; l’archipel indonésien possède sans aucun doute une biodiversité encore plus importante que ce que nous pouvons imaginer.
Les forêts primaires, milieux particulièrement intéressants d’un point de vue écologique, n’ont quasiment subi aucun impact direct des activités humaines et abritent une faune et une flore quasiment intactes. Les forêts anciennement utilisées par les populations locales présentent également une richesse écologique extraordinaire. Les cultures sur brûlis et le prélèvement léger de bois ont en effet permis de maintenir et renforcer la biodiversité, dont on connaît la richesse dans les écosystèmes en évolution.
Troisième plus grande forêt au monde après celles de l’Amazonie et du bassin du Congo, son intérêt dépasse même les frontières de l’Indonésie. Les forêts tropicales constituent en effet le « poumon vert » de la planète, absorbant notamment le dioxyde de carbone émis par les activités humaines et atténuant ainsi le phénomène de dérèglement climatique. Elles constituent ainsi un véritable « puits de carbone », essentiel pour la Vie sur Terre.
Les forêts d’Indonésie sont également vitales pour les populations locales dont le mode de vie tourne essentiellement autour d’elles. Des millions de personnes dépendent de la bonne qualité de ces écosystèmes. Les activités traditionnelles telles que la collecte de durian ou le saignement des hévéas sont étroitement liées à la forêt. Les pratiques comme la pêche dépendent également du bon état de la forêt, qui permet alors de purifier l’eau des lacs et des cours d’eau. De plus, de nombreuses tribus traditionnelles, à l’image des Orangs Rimbas sur Sumatra, vivent au cœur de la forêt et en sont entièrement dépendantes.
Espèce emblématique de Sumatra, l’éléphant occupe essentiellement le nord de l’île bien que l’on trouve également quelques populations au centre et au sud du territoire. Les éléphants, faisant partie intégrante de la culture de Sumatra, sont connus pour être desanimaux très intelligents. Leurs capacités cognitives, sensitives et émotionnelles sont très complexes et fortement développées.
Ils ressentent ainsi des émotions et sentiments comme l’amour, la joie, l’inquiétude, le stress mais aussi l’empathie, le deuil ou encore la souffrance psychologique. Les éléphants sont des animaux très sensibles. Les relations sociales constituent un socle fondateur dans leur vie.
Évoluant en petit groupe d’une dizaine d’individus au maximum, les liens qu’ils tissent entre eux sont extrêmement solides : ils se protègent les uns les autres, ils s’aident mutuellement et une grande part de leur journée consiste à développer et enrichir leurs relations sociales complexes. Dès lors, la perte d’un membre de la harde constitue une tragédie irrémédiable. Seuls les mâles évoluent généralement en solitaire et se rapprochent des femelles pour la reproduction.
Les capacités physiques des éléphants sortent également de l’ordinaire : leur odorat sur-développé leur permet d’identifier leurs congénères à des kilomètres à la ronde, leur puissante ouïe les alerte du moindre danger et on sait désormais qu’ils sont capables de ressentir les variations météorologiques à venir ou bien les vibrations du sol à des dizaines de kilomètres. Une étude menée sur les éléphants d’Afrique a montré qu’ils étaient également capables de différencier les différents langages humains. D’autres études, réalisées en captivité cette fois, ont montré que les éléphants étaient conscients d’eux-mêmes et sensibles à l’art.
Les capacités d’analyse et d’adaptation des éléphants sont extrêmement poussées et clairement assimilables à celles des êtres humains, utilisant leur environnement avec énormément d’ingéniosité.
L’éléphant de Sumatra diffère de ses cousins indiens et sri-lankais par la taille de ses oreilles, plus grandes, et une paire de côtes en plus. Les différences les plus importantes se situent au niveau génétique ; c’est ce qui a par ailleurs permis de distinguer l’éléphant de Sumatra comme une espèce à part entière.
En 2019, le Ministère de l’Environnement et des Forêts a publié une nouvelle Stratégie de Conservation et un Plan d’Action (SRAK 2019) pour protéger les éléphants de Sumatra : “Sur l’ensemble des poches de populations en Indonésie, le nombre d’éléphants est estimé entre 928 et 1379 individus, selon les données du Forum Indonésien pour la Conservation des Éléphants (FKGI) de 2019. En 2007, ce nombre était compris entre 2400 et 2800 et même entre 2800 et 4800 dans les années 1980. »
Plus de la moitié de la population totale d’éléphants de Sumatra a ainsi disparu en l’espace de 12 ans (2007 – 2019).
“Le besoin d’espace pour le développement de zones de plantations, le braconnage et les conflits éléphants/humains sont des défis pour les efforts de conservation déployés par le gouvernement et les acteurs locaux de la protection des éléphants (…), la déforestation est le principal problème pour les éléphants, entraînant conflits avec les populations locales, braconnage et dégradation des ressources naturelles ».
En effet, la perte de leur habitat pousse les éléphants à s’aventurer sur les terres agricoles et anthropisées, générant alors des dégâts colossaux sur les productions agricoles et les infrastructures humaines. Tentant de défendre leurs terres, les populations sur place finissent par essayer d’éliminer les éléphants par l’installation de barrières électriques, l’empoisonnement ou encore le tir à vue.
“La mortalité des éléphants de Sumatra est supérieure à leur taux de natalité”, ce qui engendre un grave déclin des populations qu’il convient d’enrayer urgemment. Les conflits liés à la perte d’habitat sont ainsi la première menace pour les éléphants sauvages.
En 2017, l’Indonésie a signé avec d’autres pays d’Asie du Sud-Est la “Déclaration de Jakarta pour la Conservation des Éléphants d’Asie”, s’engageant ainsi dans la protection de ses pachydermes, en parallèle de l’ensemble de lois adoptées par le gouvernement en faveur de la biodiversité.
Harapan di Gajah travaille dans les villages de Karang Ampar et Bergang, au cœur de l’écosystème de Peusangan, afin de rétablir une coexistence saine et durable entre faune sauvage et communautés locales.
L’écosystème de Peusangan est situé à l’extrême nord de Sumatra, dans la régence de Bireuen au sein de la province d’Aceh.
Peusangan s’étend sur plusieurs centaines d’hectares et abrite une population d’environ 60 éléphants, tous menacés par les conflits. Cet écosystème est un véritable corridor écologique, permettant aux éléphants et à l’ensemble de la biodiversité d’évoluer de façon à satisfaire l’ensemble de leurs besoins physiologiques.
Mosaïque de forêt et de savane asiatique, le corridor de Peusangan est concerné par une agriculture vivrière importante. Durian, café, thé, maïs, arbres fruitiers, … les cultures sont importantes et diversifiées. Les habitants des villages environnants ont un lien fort avec la forêt et avec les éléphants. Toutefois, la destruction et la dégradation du corridor à partir des années 2010 ont perturbé les trajectoires de déplacement des éléphants, engendrant de premières problématiques.
7 décès humains ont déjà été répertoriés et 6 éléphants ont été tués. Les habitants doivent surveiller leurs terres tous les jours, habités par le stress de voir une harde d’éléphants détruire l’ensemble de leurs récoltes en seulement quelques heures. Désespérés et démunis face à ces géants de plusieurs tonnes, les agriculteurs et villageois manquent de moyens.
Clôtures électriques à haute tension, pétards, explosifs et feux d’artifice, braconnage et tir à vue… les éléphants sont au cœur d’une problématique mêlant enjeux sociaux, économiques et environnementaux.