La déforestation pour la production d’huile de palme est la principale menace pour la biodiversité indonésienne et pour les éléphants de Sumatra. Plus de 75% des forêts de l’Ouest indonésien ont déjà été converties en monocultures de palmiers à huile. Pris à l’étroit dans des écosystèmes trop petits, les populations d’éléphants diminuent à vue d’œil, poussés vers les villages où ils entrent en conflit avec les populations locales.

L’éléphant de Sumatra est une victime directe de la déforestation industrielle frappant l’Indonésie depuis les années 1980. À la recherche d’habitat, de nourriture et de ressource en eau, l’éléphant finit par errer entre les villages et zones anthropisées avant d’être éliminé dans des conflits toujours plus violents avec les humains.

Corridors biologiques rompus, prairies brûlées, eaux polluées et refuges forestiers rasés, les éléphants ne survivent plus que dans quelques rares poches d’habitat, toujours menacées de destruction à court-terme. À Sumatra, plus de 80% de l’habitat des éléphants se situe en effet en dehors des zones de conservation.

Dans les zones reculées comme celles de Karang Ampar, la déforestation illégale et l’extension des parcelles agricoles fragmentent l’habitat des éléphants, accentuant inévitablement les conflits entre pachydermes et humains.

Sauver les éléphants, c’est sauver toute la biodiversité.

Restaurer les zones de nourrissage

3 éléments sont nécessaires pour garantir un habitat sain aux éléphants : des prairies pour la nourriture, des plans d’eau, et des forêts en guise de refuge et de couloir migratoire.

Alors que les forêts sont souvent les plus médiatisées et mises en lumière avec la déforestation, les zones de savane asiatique et de prairie sont victimes d’une disparition silencieuse. Pourtant ces milieux sont essentiels pour les éléphants et le cortège d’espèces auquel ils sont associés.

À Karang Ampar, des centaines d’hectares sont fragmentés et détruits pour l’extension des terres agricoles. À cela s’ajoute la prolifération d’espèces invasives comme Lantana camara et Chromoleana odorata. Les éléphants perdent donc un habitat crucial, dans lequel ils passent normalement 80% de leur temps à la recherche de nourriture et d’herbacées telles que Imperata cylindrica.

Harapan di Gajah s’apprête à travailler en étroite collaboration avec les habitants, le Département des Forêts et les ONG locales, afin de restaurer les prairies et savanes menacées par les activités humaines, de sorte à reconstituer des zones de nourrissage et de migration pour les pachydermes.

Notre association projette de suivre une méthodologie claire et appliquée : identification des zones sensibles, ré-ouverture des milieux par écobuage et entretien régulier pour éviter la fermeture des zones. En suivant les modèles de gestion d’habitat les plus efficaces d’Asie, Harapan di Gajah souhaite garantir aux éléphants des écosystèmes sains et viables sur le long-terme.


Chacun chez soi

Si nos patrouilles cherchent à maintenir les éléphants dans leur habitat, il va de soit que les humains doivent également rester chez eux.

Nous projetons très bientôt de travailler avec les communautés locales afin de déterminer ensemble des zones entièrement dédiées aux éléphants.

Dialogue, concertation et accompagnement individuel, un travail nécessaire pour changer les habitudes, maintenir chacun chez soi et atténuer les conflits éléphants/humains de façon pragmatique et durable.


Protéger la biodiversité en place

La déforestation se propage à un rythme industriel. Les programmes de conservation doivent donc s’engager dans une course contre la montre pour sécuriser les dernières poches de forêt tropicale, riche en biodiversité.

À Karang Ampar, les conflits éléphants/humains ne doivent rien au hasard. En 2012, l’arrivée de plantations au nord de la région a complètement rompu le corridor écologique par lequel les éléphants devaient passer afin de migrer et trouver de la nourriture. À la recherche d’un autre passage, les animaux se sont retrouvés au milieu des villages, pris alors au milieu de violents conflits.

Par la création de réserves privées et un travail en étroite collaboration avec les ONG, autorités et communautés locales, Harapan di Gajah souhaite assurer une sauvegarde concrète des derniers réservoirs de biodiversité de Sumatra, d’ici les prochaines années.